Louis Feuillade (1873-1925)

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Né le 19 février 1873 à Lunel dans l'Hérault, il débute à Paris dans le journalisme, à La Croix.

Amateur de courses de taureaux, il fonde avec son ami Etienne Arnaud, le "Tori-Club Parisien" et y fait connaissance d'un autre amateur de tauromachie, André Heuzé, auteur dramatique et scénariste. C'est par ce dernier que Feuillade entre en contact avec le cinéma.

Sans quitter la rédaction de La Croix, il écrit des histoires qu'André Heuzé propose à Pathé, puis chez Gaumont, à Alice Guy. Les scénarios plaisent, appelant de nouvelles commandes. En 1906, le jeune scénariste entrait chez Gaumont à 100 fr par semaine, somme importante pour l'époque. Bientôt après, il devient metteur en scène, puis Directeur Général des Productions Gaumont, en remplacement d'Alice Guy, partie pour Berlin avec son mari.

Feuillade débute avec les comiques et les films à trucs, alors très en faveur après les succès de Méliès. Mais Feuillade quitte la scène poussiéreuse et transporte dans la rue les effets techniques qui amusent le public. Il tente sans succès une série de "Grands Films Artistiques" (Prométhée, 1908 ; Aux lions, les chrétiens, 1909 ; Benvenuto Cellini, 1910), mais s'oriente ensuite vers un genre qui se veut réaliste avec les Scènes de la Vie telle qu'elle est (1911-1913).

Il forme au studio Gaumont, à Belleville, une équipe d'acteurs qui l'adorent.

C'est dans le feuilleton policier que Feuillade va trouver sa vois. Il porte à l'écran les romans à succès de Souvestre et Allain : Fantomas, qu'incarne René Navarre, le "maître de l'effroi, l'Empereur du crime".

Fantomas est interrompu par la guerre de 1914. Mobilisé un an, Feuillade reprend ensuite son travail à Belleville et tourne les vingt épisodes des Vampires où triomphe Musidora, dans son fameux collant noir. Les Vampires sont interrompus à leur tour, parce qu'on accuse l'auteur de vanter le crime. Feuillade entreprend alors Judex , puis La Nouvelle Mission de Judex, d'après les romans de Bernède. Le "justicier" a cette fois la vedette.

Après Barrabas (1919), Feuillade passe des ciné-romans policiers aux épisodes sentimentaux avec L'Orpheline, Parisette, qu'interprétait Sandra Milowanoff et où René Clair débutait comme jeune premier.

Feuillade réalisa encore de nombreux films jusqu'à sa mort : Vindicta (1922), Gosseline (1923), Les Deux Gamines (1924), Le Stigmate (1925).

Ses "abominations feuilletonesques" faisaient la rage de Delluc qui lui reconnaissait pourtant "un tact, une vision du paysage, un désir d'action intéressants au plus haut point". Vers 1928, les surréalistes - Aragon, Breton - s'enthousiasmes pour ces mêmes "abominations", y voyant "les grandes réalités du siècle". La jeune critique place Louis Feuillade parmi les premiers maîtres du cinéma français et il est certain que son oeuvre a, surtout à partir de 1912, dégagé le récit d'écran des routines théâtrales. Elle eut sur les écoles étrangères une grande influence et nous offre une étonnante vision de Paris à l'époque qui précéda immédiatement la première guerre mondiale.

Il meurt à Nice le 26 février 1925 des suites d'une péritonite.